back !

(lundi 16 avril 2012)

*

et c'est l'ambassade qui paye le billet !

*

Après avoir survécu aux trois vols Montpellier – Paris – Washington – New York, j’ai passé les 3 premiers jours surtout en compagnie de ma copine Michele et de sa famille qui m’hébergent, à faire du shopping, dîner à la Cheesecake Factory ou sur City Island, aller voir le fiston jouer au baseball ; et puis papoter à en perdre haleine avec ma compère Mapie et son fils, tout en descendant tranquillement la 5è avenue.

La météo est de la partie! Il va même faire 30°C aujourd’hui!

Mes premières impressions?

.

.

I’m home.

.

.

C’est étrange!

.

.

.

..

.

.

Toute cette semaine, je serai dans les locaux des Services Culturels à préparer un mini-atelier sur la plateforme d’échanges, qui sera diffusé en direct sur Internet jeudi pour aider les membres à mieux prendre en main cet outil … C’est donc ce travail (et la gestion bénévole du site depuis 7 ou 8 mois) qui justifie que le billet m’a été offert.

addition+division+soustraction+multiplication=joyeux rires

(vendredi 13 janvier 2012)

.

Comme je m’amuse vraiment d’être en classe, j’ai repris l’habitude de lancer (souvent de manière imprévue) des activités que je n’ai pu réaliser dans le Bronx, c’est-à-dire des activités ludiques qui ne s’inscrivent pas directement dans un programme officiel mais ont des qualités communicationnelles et / ou créatives indéniables, et que je chope au hasard, ou qui me viennent directement de ma vie privée.

En novembre, je suis retombée sur un bouquin appelé « 5-minute-activities », dont l’une des propositions est de donner trois adjectifs qualificatifs avec lesquels les élèves doivent imaginer ce que ça peut bien décrire.

J’ai proposé en premier lieu : important + heavy + dangerous.

Un élève de 5è m’a très naturellement répondu ….

.

.

.

.

.

.

.

.

« DSK »

.

(fou rire maîtrisé)

.

Autre anecdote toute fraîche (aujourd’hui).

Sur le modèle d’un travail de (re)formulation de mots sous forme mathématique, comme imaginée par Craig Damrauer, demander aux élèves de définir des mots ou idées sous formes d’équations.

Je montre quelques exemples.

.

.

.

Je leur soumets une liste de mots à définir ainsi, complètement au hasard (= j’ai choisi les mots directement en cours), dont FRANCE, LOVE, SCHOOL, TOMATOES, COMPUTER, GEEK, WHITE, SILENCE

Ils ont sorti de très jolies choses ….

WHITE = COLOUR – COLOUR

COMPUTER = INTELLIGENCE – LIFE

SCHOOL = PRISON + CHILDREN  :?

GEEK = PLAYSTATION 3 + CALL OF DUTY – SLEEP

SILENCE = NOBODY² + NOTHING²

Mais je l’avoue, ma préférée, qui déclencha encore une hilarité maîtrisée ….

.

.

.

.

                             PARIS + EIFFEL TOWER

            FRANCE = ——————————————

                              NICOLAS SARKOZY

rebirth

(jeudi 8 décembre 2011)

.

Heeey! Long time no see!

.

Normal, je me régale!

Je me régale de ne pas plus faire le ménage qu’avant dans ma maison, mais désormais sans culpabiliser – et ça fait une sacrée différence.

Je me régale de pouvoir faire cours, d’être généralement écoutée et respectée, de plaisanter, rire et m’amuser avec les élèves.

Je me régale aussi de pouvoir les punir :twisted:

Je me régale des premiers fruits professionnels récoltés grâce à cette expérience internationale quasiment sans précédent, me voilà formatrice pour adultes, à enseigner l’anglais à quelques collègues de lycée pour les emmener vers le niveau d’un bon élève de Terminale afin qu’ils passent une certification complémenaire les autorisant à enseigner une partie de leurs cours en anglais. 6 profs motivés … du velours!

Je me régale de mon emploi du temps qui me laisse de larges plages de liberté où, selon l’heure, je dors un peu plus, fais une sieste, rentre écouter de la musique ou pars faire un peu de shopping. Seul bémol : je ne fais que croiser mes collègues.

Je me régale de papouiller, patasser, escagasser Ursule le Chien.

Je me régale de continuer à co-administrer la plateforme d’échanges pédagogiques sur laquelle j’avais beaucoup bossé lors de mon « transfert » aux services culturels de l’Ambassade. Nous avons désormais plus de 220 membres, des contacts s’opérent, des amitiés se nouent, des échanges transatlantiques se montent.

Je me régale d’ailleurs d’avoir embarqué dans ce type d’aventures mes deux classes de Troisième et mes 26 « petits » de Sixième, absolument enthousiastes, drôles, énergiques.

Je me régale de regarder quelques bonnes « débilités » à la télévision française, sans trop de pub. « Un dîner presque parfait » a le mérite de m’ouvrir suffisamment l’appétit pour que j’aille en cuisine avant même la fin de l’émission, tenter des trucs avec des oignons, des citrons verts, de la bière et des sauces japonaises.

Je me régale aussi de saucisson et de fromages (j’ai compris pourquoi, malgré les 10 kilos pris à New York, mon taux de cholestérol avait baissé!)

Je me régale de toujours, cinq mois après mon retour, me surprendre à répondre en anglais aux commerçants, aux parents d’élèves, aux collègues …. Oh, des petites répliques de rien comme « Alright », « Thanks! », « Jesus! » …

Je ne me régale pas de tout. Je sens et vois les effets de la crise, j’ai des nouveaux voisins avec lesquels les relations seront difficilement cordiales, mes impôts ont drôlement augmenté parce que j’ai « exploité » ma « propriété » en la louant, je n’ai jamais vu autant de fous au volant, les réformes qui s’amoncellent depuis 2007 dans l’éducation me font entrevoir, avec des frissons d’horreur, des moments difficiles déjà vus, observés ou vécus à New York, je n’arrive pas à trouver le temps de blogguer ou d’échanger des nouvelles régulièrement, je n’ai pas sorti mon APN depuis des mois, les supermarchés français ne savent décidément pas gérer leurs stocks (je réalise que je n’ai jamais vu un seul problème d’étiquetage ou de prix à New York) ……….

N’empêche, la maître-mot est bien « régal », que j’accompagnerai de « rebirth » ; non que je me sente renaître, car cela signifierait que j’étais comme morte à New York, ce qui est faux, mais il y a quand même bien quelque chose de l’ordre d’une nouvelle respiration, une jolie sérénité, une assise globale plus confortable, plus solide, du sourire du nouveau-né, béat, qui me monte souvent au visage sans que je m’en rende compte.

Notamment lorsque je me passe le CD acheté dans ce bar de la Nouvelle-Orléans, dernier opus de l’orchestre de cuivres que nous étions venus voir (trop de monde, on est restés collés au bar à se dandiner en lampant de nombreuses bières fraîches) écouter. L’un des nombreux souvenirs de cette ville qui me hante quotidiennement depuis.

Leur nom? Rebirth Brass Band, quatorze musiciens dont les compositions me mettent dans une joie de vivre incroyable ; cela faisait belle lurette qu’une musique ne m’avait pas autant agité les gambettes, collé le sourire au coeur et donné envie de prendre tout le monde dans mes bras!

.

 

 

appuyer sur le champignon

(dimanche 28 août 2011)

.

foule sentimentale

 

.

New York paraît si lointaine … C’est curieux, la parenthèse s’est refermée dès que j’ai posé mes pieds bronzés chaussés de sandales légères sur le tarmac de Roissy balayé par des rafales de pluie froide. L’exotisme de mon expérience s’est étrangement évaporé dans la fraîcheur d’un été français raté, ne laissant aucune place à de possibles bouffées nostalgiques ; peut-être qu’à mon retour dans la chaleur du Sud, le chaud-froid créera des vapeurs lourdes d’émotions, des buées sur mes lunettes aux verres fumés.

Ah, mauvaise foi! Incriminer le sale temps!

Et si certaines angoisses liées au retour expliquaient cette inexplicable absence d’émotions?

J’ai eu mon lot, ainsi que je le narrai dans l’article précédent : récupérer ma maison, mon toit, mon foyer, ne fut pas une mince affaire. Oui, je rentrerai dans mes pénates la semaine prochaine  -  en pleine rentrée scolaire  -   mais dans des conditions qui m’auront retourné la tête et soulevé le cœur ; la nature humaine ne cessera de m’étonner, parfois d’émerveillement, souvent de dégoût et de déception.
Cesse de geindre, l’amie : tu-rentres-chez-toi! Hauts les cœurs!

Hier, dans le cadre d’un travail que je finis pour l’Ambassade, j’ai retrouvé le site web du collège du Bronx, où défilait un diaporama montrant surtout les têtes souriantes et bravaches d’élèves qui me firent tourner en bourrique, piétinèrent ma dignité, flétrirent mes désirs de prof …. En fait, non …. J’ai aussi vu les visages détendus et faussement triomphants du personnel de direction auquel j’en veux beaucoup au fond. Ce fut épidermique : je ne veux rien savoir de tout cela pour l’instant!
En sous-jacence, une anxiété latente depuis des mois, qui prend désormais forme et consistance à mesure qu’approche la rentrée et les retrouvailles avec le système scolaire français et « mes » élèves : suis-je encore capable d’enseigner? Ou, plus précisément, sais-je encore construire et affirmer le cadre nécessaire à un apprentissage que je souhaite ludique et efficace?
Bref …. ai-je encore de « l’autorité »?

.

verdure et esthétique

.

Ma vraie bouffée d’oxygène de l’été a duré une semaine, chez Godnat, en ce vert et généreux Jura, à photographier des champignons, des zozios (pas aussi bien que mon amie!) et des cascades, dans la chaleur, la simplicité et la générosité de gens pleins d’humour. Youhou!!

Pour le reste, j’ai stressé tant que j’en ai procrastiné sans vergogne, me retrouvant à l’heure où je vous écris à devoir encore tout faire! HA! Me voilà bien! Il me reste deux jours pour trier les affaires de première nécessité pour mon retour dans le Sud, nettoyer des trucs, empaqueter, préparer ma rentrée … Une journée de voyage … Et la pré-rentrée! Je voulais trier toutes les photos américaines pour vous en faire encore profiter ; je devais écrire le rapport officiel sur l’expérience dans le Bronx (hé hé … mais que pourrais-je bien dire de manière diplomatique?)…

Je vais donc continuer de débloguer, pour pas débloquer tout à fait, et rattraper le temps … et appuyer sur le champignon.

Ai-je vraiment perdu mon temps?

Nope … Je me suis beaucoup entraînée à faire des mojitos, cocktail découvert lors de mes derniers jours aux Amériques.

Et je suis désormais une experte.

.

le sourire de jimmy carter

 

.

.

.

.

Du côté des mes amis bloggeurs expatriés, Yibus me manque (on dirait qu’il veut pas faire un blog à Bruxelles, m’enfin!), Nath nous nargue avec ses bouffées de chaleur et ses supers copines,  et Ariana a enfin repris sa plume incisive et drôle. J’vous aime et je suis heureuse de vous avoir rencontrés :D

.